vendredi 22 juillet 2011

Inutiles, les non-parents?

Récemment, sur quelques forums, je me suis carrément fait dire que si je n'ai pas d'enfant, et si de surcroît je ne fais pas de bénévolat, je suis complètement inutile à la société. D'autres nous rabâchent les oreilles avec les mêmes stéréotypes: on est égoïstes et immatures... of course!

(C'est étrange que des sujets royaux si égoïstes et inutiles se vantent de leur condition.)

(Ces gens ont fait le bon choix. Ils ont compris assez tôt qu'ils étaient trop égoïstes et immatures pour avoir des enfants et donc ils n'engendreront pas une autre générations de gens égoïstes et immatures.)

(Hé, la documentariste, pourquoi ne pas faire un documentaire sur un vrai sujet? (...)
...Qui va s'occuper de vous quand vous serez vieux et qui paiera pour votre "décision personnelle"? Vous ne mentionnez que votre esprit collectif lorsque ça vous arrange. Je n'ai qu'un mot à vous dire: vous êtes des merdes!)


Vraiment? Je suis inutile, égoïste, immature et une merde! Jamais je n'oserais porter un tel jugement sur quiconque. Certaines personnes ne travailleront pas de leur vie, jamais je n'oserais les traiter de sangsue ou d'inutile. Certaines personnes passeront le restant de leurs jours en prison, et pourtant je ne les traiterais pas d'inutile. Mais moi, je n'aurai pas d'enfant, je suis un monstre, je ne mérite pas de vivre.

Il faudrait que je donne du sang, que je fasse 25 heures de bénévolat par semaine, que je donne à des organismes de charité, que j'adopte un enfant, devienne grande soeur ou famille d'accueil pour que ma vie ait un sens? Pourquoi? Et surtout pour qui? Qui se permet de juger la vie d'autrui? Pourquoi faudrait-il qu'une vie sans enfant soit une vie immature ou égoïste?

Je crois plutôt que la pluralité des points de vue fait grandir la société. C'est rare que je me présente comme "childfree" avant tout autre qualificatif. Je suis une femme, je suis une documentariste, je suis une amatrice de framboises et de produits locaux. Je suis aussi childfree. On m'a laissé entendre que si justement j'oeuvrais dans le milieu communautaire et que j'aidais les gens, je serais plus utile et ça compenserait pour avoir "failli" à mon (non) rôle de mère... Moi qui croyais que faire des films, exposer des points de vue alternatifs, composer un blog pour gens se sentant seuls et incompris c'était utile... bien, il faut croire que je m'étais mis le doigt dans l'oeil jusqu'au coude!

Sans vouloir pointer un doigt accusateur vers les parents, j'ose croire que certains parents ne sont pas non plus des exemples vertueux d'altruisme. Oui, ils élèvent des enfants, mais peut-être polluent-ils avec leur VUS, travaillent-ils pour une compagnie de cigarettes ou mangent-ils exclusivement au McDo? Oui, vous m'avez surpris en flagrant délit d'exagération. C'est pour prouver à mes détracteurs que leurs exemples ne tiennent pas plus la route. Les parents seraient-ils exempts de dons de sang, de bénévolat, de trouver un travail bon pour la planète juste parce qu'ils ont fait des enfants? Mais fallait le dire que lorsqu'on accouche, on nous remet une belle petite carte "get out of jail free" comme au Monopoly et qu'en tant que parent on peut presque tout faire sans aucune justification alors que nous, on doit expliquer nos motivations derrière nos achats, voyages et hobbies. Ça suffit!

De toute manière, cette quête d'utilité ne devrait-elle pas être privée? N'est-ce pas justement là la recherche perpétuelle du sens de notre vie? Certains trouvent du sens à la leur en ayant des enfants, d'autres en vivant tout simplement, en découvrant la vie à travers des voyages et des rencontres, d'autres veulent sauver le monde, mais certains sont bien heureux de faire leur petit 9 à 5 et ensuite rentrer à la maison et écouter la télé toute la soirée. Qui peut réellement juger? Que ceux qui sont réellement constamment utiles à la société et qui n'ont jamais posé le moindre geste égoïste jettent la première pierre. 

Une chance, il reste quand même plusieurs personnes compréhensives, polies et avec un bon sens de l'humour pour prendre notre défense.


(C'est ironique que la plupart des adultes qui ne souhaitent pas se reproduire sont en fait ceux qui devraient le faire: des gens assez inteligents pour donner à leurs (non)enfants une bonne éducation et de bonnes valeurs. Malheureusement, ce sont les plus stupides qui se reproduisent le plus.)

Reste que je ne comprends absolument pas la haine qui peut surgir à l'encontre des childfree. Dois-je m'habiller en hippie, sortir le tambourin et chanter "Live and Let Live" pour qu'on finisse par essayer se comprendre et arrêter de s'accuser mutuellement parce que vraiment, les insultes, ça fait mal à la longue.

20 commentaires:

Anonyme a dit...

Je suis childfree, mais aussi donneuse de sang, et bénévole pour 2 associations ... ça ne colle pas avec le jugement de ces "altruistes" ...

Bonne Journée ... et courage Magenta !!

Eli Larin a dit...

Ce ne serait pas plutôt la haine du débat sur internet? J'ai l'impression que ces commentaires ne représentent pas du tout la majorité, mais plutôt juste la triste réalité qu'est l'échange sur le net. L'autre jour, je suis tombée sur un commentaire qui en gros disait que tous les gens qui avaient donné une cote négative à cette chanson devait vivre une très triste vie et avoir quelque chose de mauvais à l'intérieur d'eux. Le pire c'est que ce commentaire a été appuyé de plusieurs autres personnes. Qui dans la vraie vie fait ça?

Magenta Baribeau a dit...

Il y a certainement un peu de ça, tu as raison, Eli! Mais après avoir réfléchi à la question pendant des années, je crois enfin que ce qui se dit sur Internet est plus vrai (donc plus méchant) que ce que les gens osent dire en personne. Ce qui veut dire que ça ne représente pas la majorité de ce qui se DIT, mais sûrement ce qui se pense. Triste constat.

N'empêche que j'ai aussi entendu des gens me dire en personne que c'était égoïste et immature comme choix de vie aussi. (Bon, heureusement, personne ne m'a dit en personne que j'étais inutile, parce que je crois que j'aurais très utilement foutu une baffe à cette personne...)

Ceci dit, je suis prête à admettre que ces commentaires ne sont pas la MAJORITÉ. Je crois que la plupart des gens s'en foutent de nos choix, mais je me dis que si seulement une personne pense que nous sommes inutiles, immatures et égoïste, alors j'ai bien raison de faire ce film.

Estelle Ogier a dit...

"J’en ai tant vu qui s’en allèrent
Ils ne demandaient que du feu
Ils se contentaient de si peu
Ils avaient si peu de colère
J’entends leurs pas j’entends leurs voix
Qui disent des choses banales
Comme on en lit sur le journal
Comme on en dit le soir chez soi
Ce qu’on fait de vous hommes femmes
O pierre tendre tôt usée
Et vos apparences brisées
Vous regarder m’arrache l’âme
Les choses vont comme elles vont
De temps en temps la terre tremble
Le malheur au malheur ressemble
Il est profond profond profond
Vous voudriez au ciel bleu croire
Je le connais ce sentiment
J’y crois aussi moi par moments
Comme l’alouette au miroir
J’y crois parfois je vous l’avoue
A n’en pas croire mes oreilles
Ah je suis bien votre pareil
Ah je suis bien pareil à vous
A vous comme les grains de sable
Comme le sang toujours versé
Comme les doigts toujours blessés
Ah je suis bien votre semblable
J’aurais tant voulu vous aider
Vous qui semblez autres moi-même
Mais les mots qu’au vent noir je sème
Qui sait si vous les entendez
Tout se perd et rien ne vous touche
Ni mes paroles ni mes mains
Et vous passez votre chemin
Sans savoir que ce que dit ma bouche
Votre enfer est pourtant le mien
Nous vivons sous le même règne
Et lorsque vous saignez je saigne
Et je meurs dans vos mêmes liens
Quelle heure est-il quel temps fait-il
J’aurais tant aimé cependant
Gagner pour vous pour moi perdant
Avoir été peut-être utile
C’est un rêve modeste et fou
Il aurait mieux valu le taire
Vous me mettrez avec en terre
Comme une étoile au fond d’un trou"

"J’entends j’entends", poème de Louis Aragon

Kendrel a dit...

Mais bien sur que les non-parents sont des êtres inutiles, c'est évident !

Regardez Beethoven, Samuel Becket, Katherine Hepburn, Emmanuel Kant, William Black, George Clooney, Sigourney Weaver ou encore Simone de Beauvoir: que des parasites qui n'ont rien apporté à la société ^^


M. (child-free et fière de l'être)

Feel O'Zof a dit...

Comme si la seule utilité d'un individu pour la société était d'engendrer d'autres individus. Ridicule. Simplement en occupant un emploi, on fait notre part comme tout le monde et on n'a pas à se sentir coupable. Sinon, il y a de multiples façons par lesquelles un individu peut apporter du bonheur et être utile pour son entourage ou la société.

Cette haine envers les non-parents vient peut-être de gens qui regrettent leur choix. Des gens qui ont fait des enfants parce que c'était, selon eux, leur devoir mais qui trouvent cela complètement désagréable et qui envient les non-parents de ne pas avoir ce genre de responsabilité.

Isolde a dit...

Je m'excuse de ne pas écrire en français, mais ça va aller plus vite en anglais.

There should come a time when provocation and reaction become old. I think that the childfree (as well as any other community that does not fit in the pages of an ikea catalog)must stop being passive-agressive and acting as victims of a huge misunderstanding.
I am childfree and while I was in the middle of the debate (with myself mostly), I ran around from childfree blog to childfree blog trying to make myself feel normal.

What I found in these blogs was a certain "extremism" that I didn't like. I felt contaminated by a lot of negativity and mean attitudes towards "the breeders". Once I stepped away from the childfree discourse I started meeting people who never talked about being childfree but were. And then I stumbled on the most amazing blog post ever written on the topic, and it wasn't even the post itself, it was the comments.

It is the most beautiful, understanding, empathic conversation between childfree women and mothers I have ever come across. And so I deleted all my childfree blog feeds, my childfree forum accounts and my saved twitter searches (which were the worst vitriol filled rants against parents).
The blog post gave me a huge lesson in communication. I won't give you the link to the post, you can goolge Bolivia Havi Brooks (you might have read it already) but pay close attention to the comments, and in the google results you'll find hundreds of blogs that discuss it and NOWHERE, do I see any of the insults you mention in your post.

I'm very curious about your documentary, I will definitely see it when it comes out, but please consider a slight change in the approach, instead of seeking controversial reactions, find the true dialogue.

Ne cherches pas la méchanceté, si tu la cherches, tu la retrouverás...

I am now very childfree but even when I'm confronted by the lives of my friends or family members who are overwhelmed by their little ones, and I have to make a huge effort to not say: thank god they're not mine! I've come to understand that it would only take one small comment from my part to transform the conversation into an outpour of mean.

A few months ago I wanted so badly to meet other childfree people. Today I'm not interested in talking about it at all. I've turned the page and strangely I feel liberated.

pas d'enfants merci ! a dit...

bonjour de marseille

je suis un mec marié chidfree
ils nous critiquent et alors ?
ce sera comme ca jusqu'a la fin....:o)
faut s'habituer :o)

Magenta Baribeau a dit...

@ Isolde, I wholeheartedly agree with you about most childfree blogs being extremists. You'll notice that if you read this blog, this isn't the case at all. I actually like and respect parents.

With that in mind, care to tell me who I'm erring with my documentary? Read my description of it, it's about MUTUAL respect :)

@ Le Marseillais : C'est justement là où je diffère, je ne vois pas pourquoi on devrait simplement s'habituer à se faire traiter de noms. Je crois réellement avoir droit au respect comme tout le monde. Surtout que moi, je suis très respectueuse :)

Maria Ferrari a dit...

C'est assez paradoxal de dire des childfree qu'ils sont égoïstes. Non pas qu'ils ne puissent pas l'être (parmi les motivations des childfree, il peut éventuellement y avoir une part d'égoïsme... comme il peut aussi y avoir une part de pragmatisme et de lucidité sur le bien fondé de faire ou non des enfants), mais j'estime pour ma part que ce qualificatif d'égoïste, si on y réfléchit bien et sans vouloir jeter la pierre à personne, conviendrait plutôt à ceux qui font des enfants (et là, je précise bien "font" car ce que je vais dire ne s'applique absolument pas à ceux qui adoptent).

En effet, il me semble d'une part, que les enfants qui naissent n'ont rien demandé à personne, et d'autre part, qu'on est bien assez nombreux sur la planète pour que notre espèce n'ait aucun souci à se faire quant à sa préservation.

Bref, si on devait définir un acte égoïste en cette matière, ce serait bien choisir de faire un enfant et non choisir de ne pas en avoir.

Parce que, soyons sérieux un instant, il me semble que les gens qui font des enfants ne le font, ni pour leurs enfants (qui, aux dernières nouvelles, ne leur ont pas demandé de les mettre au monde), ni pour la société, mais bien pour eux (ce que je ne leur reproche pas d'ailleurs, loin de là, s'ils ont envie d'en avoir, qu'ils en aient, mais qu'ils n'obligent pas les autres à avoir les mêmes désirs qu'eux et à ensuite les taxer d'égoïsme si ce n'est pas le cas).

Et s'il s'avère qu'il y en a certains qui les font uniquement parce que la société leur a demandé de les faire. Et bien outre que je plains leurs gamins, je m'interroge sur ce qui les gène chez les non-parents (seraient-ils jaloux ?)

Quant au fait que certains nous jugent inutiles parce qu'on a décidé de ne pas faire d'enfants (réduisant du même coup l'être humain à un appareil reproducteur), je ne peux que lever les yeux au ciel devant un tel étalage de stupidité grasse.

diablounette a dit...

Je suis childfree et je parraine un enfant malien, cela me sauvera-t-il de l'enfer ? :o)
Sincèrement, je comprends que cela fasse mal, je me fais aussi régulièrement traiter d'égoïste et ça me fait doucement rire.
Pour moi un égoïste peut aussi être une femme qui par exemple fait des enfants sans réfléchir à leur avenir et sans pouvoir assurer correctement leur éducation.
Mais non, ça n'existe pas des parents comme ça hein ? noooooooooon...

Egogramme a dit...

Isolde, merci infiniment de m'avoir fait découvrir le billet Bolivia (http://www.fluentself.com/blog/stuff/bolivia/) et le blog de Havi Brooks, The Fluent Self.

J'ai lu beaucoup de livres et de blogs sur le non-désir d'enfant.
Et c'est la première fois que je lis une si belle métaphore.
Pour résumer, Havi Brooks compare le fait de faire des enfants au fait de déménager en Bolivie.
Certains ont ce désir depuis longtemps, certains ne sont pas du tout attirés par la Bolivie et beaucoup d'autres sont dans des situations intermédiaires.

J'aime beaucoup l'idée que ce n'est pas un choix.

"I didn’t choose not to move to Bolivia any more than I chose not to become obsessed with traditional Armenian embroidery."
Choisit-on ses passions, ses indifférences, voire ces dégoûts ? Ou résonne-t-on juste avec ces situations (en y mettant
parfois plus de curiosités dans l'une que dans l'autre)

Pour Havi, ce n'est pas un choix car la question ne s'est jamais posée ou imposée à elle.
(Quoique, pour certains, cela peut être vraiment un choix. Par exemple, les personnes qui seraient tentés d'avoir des enfants mais qui y renoncent pour ne pas transmettre une maladie héréditaire. Ou devant une grossesse accidentelle avec un avortement possible et d'autres options. Ou encore devant un conjoint pressant).
Havi parle d'un "pull" que je traduirais par désir, envie ou encore "évidence". Ca fait partie de soi. Du soi présent (il n'est pas exclu, ni interdit que cela puisse changer avec le temps).

J'apprécie aussi le concept de rester en contact avec ses envies, de ne pas s'interdire d'avoir un enfant dans l'avenir même si à force de ne pas toujours être entendue dans mon non-désir, j'ai envie parfois de forcer le trait et de dire: "Non, cela
ne changera jamais." J'ai l'impression que les child-free tombent souvent dans cette "radicalisation".

Je ne compte pas avoir d'enfants, je n'en veux pas, c'est mon intime conviction actuelle mais puis-je vraiment enfermer mon
moi futur dans cette vision ? (tout au plus, le prévenir sur les "mauvaises" raisons d'avoir un enfant)

Que chacun puisse vivre sa vie sans (trop) de jugements.

En bref, le billet et les commentaires valent vraiment la peine d'être lus (http://www.fluentself.com/blog/stuff/bolivia/).

Christine Bourgeois a dit...

Une anecdote qui va te résumer ce que je pense de ce débat sur l'inutilité des non parents et leur "immaturité" présumée :

Une de mes amies, un jour, en discutant de qq'un, me sort : "tu vois bien, hein, 40 ans, pas de gamin, il est immature quoi... il n'a pas le sens des responsabilités"
Ce à quoi j'ai répondu tout de go : " si les enfants rendaient matures et responsables, ma chérie, les services sociaux, la protection de l'enfance et la maltraitance n'existeraient pas."

Et perso, j'ai un enfant, ça ne m'a rendu ni plus mûre, ni plus utile à la société. Mais c'est quoi ce racisme anti "personnes sans enfants" ?

Et quand je n'en avais pas, même époque où je n'en voulais pas du tout par ailleurs, je travaillais dans le social, dans l'aide à la personne. Inutile à la société ? Une de mes amies ne veut pas du tout d'enfants et travaille à aider des handicapés à vivre chez eux, à s'intégrer pour leur éviter une vie difficile parqués en établissement spécialisé. Avant elle s'occupait de personnes agées. Elle est altruite à souhait...

Magenta, moi aussi, on me traitait d'égoiste quand je disais ne pas vouloir d'enfant. C'est tout aussi égoiste d'en faire, sinon plus : j'en vois dans des documentaires télé qui se plaignent d'avoir 5 ou 6 enfants et de ne pas réussir à s'en sortir financièrement, de ne pas pouvoir les assumer ? Mais alors pourquoi avoir pris le risque d'en faire autant si c'est pour ne même pas pouvoir leur donner une vie décente ? Par définition, si l'on veut rentrer dans le débat de ces gens là, chacun de nos choix peuvent être considérés égoistes, puisque l'on choisit ce qui va contenter notre petite personne !

Ce "racisme" me gonfle vraiment.

Anonyme a dit...

Bonjour!

J'ai decouvert le blog il y a qqs mois et je viens le lire regulierement ;)

Pour parler un peu de moi, je suis en pleine interrogation justement sur la question d'avoir un enfant ou pas! J'avoue que quand je vois ou va le monde en ce moment, ca donne pas trop envie :p

Je voulais juste reagir sur le dernier commentaire que tu cites du forum ("C'est ironique que la plupart des adultes qui ne souhaitent pas se reproduire sont en fait ceux qui devraient le faire: des gens assez inteligents pour donner à leurs (non)enfants une bonne éducation et de bonnes valeurs. Malheureusement, ce sont les plus stupides qui se reproduisent le plus.").

Lors d'une discussion sur ce sujet (avoir des enfants ou pas), on m'a sorti exactement ca. Et bien je dois dire que c'est peut etre le seul qui m'a refait reflechir sur le sujet :D Je trouve qu'il (ou elle) a pas tout a fait tort justement...

Boone continuation pour le documentaire. Hate de le voir a la sortie!

Sabrina

Bizz a dit...

Je le dis d'emblée: je suis maman d'une petite fille et à nouveau enceinte. J'abonde dans le même sens que Maria Ferrari: si l'on devait qualifier une «catégorie» de personnes comme étant égoïstes, ce serait plus logiquement les parents. J'avoue que j'ai des enfants pour MON plaisir personnel. Parce que j'aime les enfants, point. Surtout les miens. Quant à l'inutilité possible des non-parents, je trouve ça tout à fait ridicule comme école de pensée. Comme si l'utilité d'une femme pour la société se résumait à se faire labourer l'utérus et à changer des couches!
Je trouve tellement dommage que des propos aussi extrémistes et hargneux soient prononcés. C'est quoi cette tendance à se foutre le nez dans les décisions des autres et tout critiquer? Vivre et laisser vivre, y'a une si minime catégorie de personnes qui appliquent cette règle!
Bonne chance pour la réalisation de ce documentaire qui sera sans nul doute fort utile à notre société!

Plumy a dit...

L'argument de l'utilité me laisse toujours perplexe. Parce que les couples qui préparent un enfant le font par altruisme ? Pour le bien de la communauté, par grandeur d’âme ? Non, ils le font parce qu'ils veulent un enfant, voila tout. Et en dehors de leur enfants, je ne pense pas qu'ils soient nombreux à agir pour des grandes causes. Donc en gros soit on fait des gosses pour le bien de tous soit on est benevole un peu partout pour compenser notre péché ?

Donc à traiter ceux qui ne désirent pas d'enfant d’égoïste... Je hausse les épaules et je dis "oui, je suis égoïste". Et alors ? Je n'ai rien à prouver, pas plus que de compte à rendre, au final. Donner un sens à ma vie, c'est juste moi que ça regarde, et ça ne passe pas par l'enfantement, voila tout.

Magali A. a dit...

Tout comme Plumy, j'accepte aisément qu'on me traite d'égoïste quand je dis ne pas vouloir d'enfant, et à vrai dire, moi-même je me pose de temps en temps la question... Peut-être que je me suis faite "contaminée" mais je trouve qu'il est important aussi, tout en assumant ce choix, de pouvoir se remettre en question soi-même... Au final, et en réfléchissant bien, j'admets que ce non désir d'enfant peut être égoïste. Mais je trouve également que vouloir un enfant est la chose la plus égoïste qui soit. Autrement dit, qu'on ait un enfant, ou qu'on n'en ait pas, c'est une question des plus intimes, donc forcément égoistes... non ?

Anonyme a dit...

Je ne connaissait pas ce terme de Childree ou non-parent. Ce qui me surprend ce n'est pas le choix de vie mais ce besoin de s'identifier à un groupe. De revendiquer ce choix comme pour le légitimer.

Ce choix de vie n'a pas besoin de se justifier, cela n'appartient qu'à toi et tu ne devrais même pas avoir besoin de tenir un blog et d'en faire un film. Alors pourquoi ? Oui la pression sociale et le regard des autres nous poussent parfois à revendiquer certaine de nos particularités. Les jugements des autres sont nocifs et destructeurs, mais malheureusement cela fait partie du genre humain.

L'exemple des communautés homosexuelles qui revendiquaient leur droit me fait penser un peu à ton mouvement (même s'il ne s'agit pas d'un choix de vie à l'inverse de toi) Mais revendiquer sa liberté individuelle et mettre en exergue sa particularité peut parfois être pris pour un besoin de se marginaliser et bien souvent, et c'est regrettable, les gens vont porter des jugements. C'est le risque que tu prends en rendant publique ta position. Est-ce que pour autant cela arrêtera les jugements ? Les non-parents ont toujours existé, que ce soit par choix ou par hasard et pourtant il aura toujours des détracteurs. Je ne dit pas que ton combat est inutile si déjà il a un rôle informatif mais il ne feras pas taire les mauvaises langues.

Je suis maman de 2 enfants et n'ai jamais vraiment aimé les enfants des autres, pourtant la maternité que j'ai choisit plus par convenance sociale que par réelle envie, je ne la regrette pas du tout. Loin de moi l'idée de te faire changer d'avis mais juste te dire que parfois la vie peut nous surprendre et ce choix si catégorique ne doit pas être une fatalité.

Quant aux gens qui te traitent d'égoistes, il faudrait qu'ils se regardent un peu, oui ton choix de ne pas avoir d'enfant est peut être teinté d'égoisme, mais que ce soit dans nos choix familiaux, dans nos choix professionnels, dans nos comportements on est tous plus ou moins egoiste d'une façon ou d'une autre... Moi la première certainement.

Continue a assumer ton choix il est légitime

Sophie


Anonyme a dit...

Bonjour, j'ai lu votre texte et ai énormément apprécié.
Je ne dirai qu'une chose: on n'a pas à juger les gens qui ne veulent pas d'enfants.

Ainsi, il y a plein de façons de se tourner vers les autres. La seule chose qui puisse provoquer le malaise c'est de ne jamais trouver l'homme ou la femme en adéquation avec ce choix.

Marina a dit...

Le concept d'utilité n'a aucun sens. Nous ne sommes pas des machines. Nous n'avons pas été crées ou engendrés (par nos parents) dans le but d'être "utiles" à quoi que ce soit, ou à qui que je soit. Les êtres humaines sont (censé être/naître) "libres et égaux". Libres : délivrés de toute servitude. C'est le contraire même du concept d'utilité car est "utile" ce qui "sert".

Et dans ce cas précis, servir quoi ? La société ? L'espèce humaine ? Les institutions ? Les valeurs ? Une tradition ? Il est plus utile de ne pas avoir d'enfants si l'on en veut pas, quelque soit la raison sans justification, que d'en mettre au monde et de les rendre malheureux, de se rendre malheureux ou de saturer les service sociaux.

Mais faire des enfants, c'est aussi "consommer". Et consommer, c'est faire vivre ce capitalisme. Peut-être est-ce là une conception de l'utilité des individus que notre société a intérêt à maintenir, en effet. Il en va de même pour le salariat. Est "utile" à cette société de consommation celui qui a un "emploi" qui lui permet de consommer, ainsi que de dépendre des institutions sociales (cotisations, impôts, sécurité sociale, etc) plutôt que celui qui occupe le territoire mais vit en marche, en autonomie, puis que son existence ne nourrit pas la machine.